Le guide
Portraits

Une sélection de créateurs français à suivre

31 août 2026 · 3 min de lecture
un établi d'atelier avec des outils de plusieurs métiers posés côte à côte - ébauchoir de céramiste, gouge à bois, pince de bijoutier - sur une surface en bois usée

Anne-Hélène Lize tourne des bols à Chambéry. Louis Astier façonne du bois dans le Jura. Agnès Calas tisse près de Perpignan, Aurélie Lejeune sculpte des bijoux à Paris, et Gabrielle Froidevaux y coud du cuir, dans le même arrondissement. Cinq matières, cinq ateliers. Un seul point commun : chacun travaille seul, avec ses mains et un savoir-faire qu’il a mis des années à monter.

Anne-Hélène Lize, la céramique tournée à Chambéry

Anne-Hélène Lize publie son travail sous le nom d’atelier Maison Maillet. Elle façonne au tour de potier des pièces uniques, des bols et des vases pour la plupart. La forme compte avant l’émail. Son compte suit chaque pièce depuis la terre crue jusqu’à la sortie du four, à un rythme lent qui laisse voir les ratés autant que les réussites.

Ce qui distingue son travail des productions en série, c’est la trace du geste. Chaque pièce garde une légère irrégularité qu’un moule industriel ne laisse jamais.

Louis Astier, le bois jurassien façonné à Moirans-en-Montagne

Louis Astier s’est formé au lycée des métiers du bois Pierre-Vernotte, à Moirans-en-Montagne. Un CAP de tournerie, puis deux ans dans une entreprise de tournage sur bois. En 2018, à vingt-six ans, il a lancé son propre atelier grâce à la Pépinière des Crozets, une structure d’accompagnement d’artisans installée dans le Jura.

Il conçoit du mobilier et des objets en série courte, dans un style sobre. Le bois vient de préférence des forêts jurassiennes plutôt que d’un stock importé, un choix qui pèse sur le prix et sur les délais mais qui tient la matière première à distance de marche de l’atelier.

Agnès Calas, la tisserande d’art près de Perpignan

Agnès Calas a d’abord suivi une formation en design industriel. Elle découvre ensuite le tissage manuel auprès d’une tisserande à Barcelone, où elle apprend aussi la teinture végétale, puis se forme à l’Atelier national d’art textile et à l’École nationale de création industrielle, à Paris. En 2010, elle ouvre son propre atelier dans un village du sud de la France, près de Perpignan.

Membre des Ateliers d’Art de France, elle travaille des fibres brutes, du lin, de l’écorce, pour des pièces textiles qui débordent parfois vers la lampe ou l’objet mural. Le design industriel n’a pas disparu de sa pratique : ses pièces gardent une structure pensée, loin de l’artisanat purement décoratif.

Aurélie Lejeune, les bijoux sculptés à la cire

Formée aux Beaux-Arts de Lyon puis à un CAP et un BMA de bijouterie, Aurélie Lejeune a lancé sa création de bijoux faits main il y a plus de dix ans. D’abord à Montpellier, puis en région parisienne. La sculpture continue de marquer sa manière de travailler : elle fixe d’abord la forme au dessin, puis la construit, soit en soustrayant la matière à partir d’un bloc de cire, soit en soudant le métal pièce par pièce.

Elle est membre des Ateliers d’Art de France et expose dans des salons de métiers d’art. Deux techniques, deux résultats. La cire perdue donne des volumes pleins ; la soudure, des pièces plus ouvertes, presque des dessins en trois dimensions.

Gabrielle Froidevaux, la maroquinerie parisienne

Diplômée de l’École supérieure des arts appliqués Duperré, à Paris, Gabrielle Froidevaux a d’abord travaillé comme styliste accessoires pour des maisons de mode : Kenzo, Lanvin, Balmain, Guy Laroche, Rochas. Elle lance sa propre collection de maroquinerie en 2003.

Ce passage par la mode se retrouve dans le choix des matières et des proportions, plus que dans le décor. Ses sacs restent sobres, pensés d’abord pour l’usage. Un parcours à l’inverse des autres créateurs de cette liste, presque tous partis d’une formation de métier d’art pour y rester : elle est arrivée au cuir après quinze ans passés du côté du prêt-à-porter.

Continuer dans « Portraits de créateurs »

D'autres repères de la même rubrique vous attendent.

Voir la rubrique
À suivre

D'autres pages du carnet